De retour dans le fauteuil de The Voice Belgique, Marc Pinilla ne rate pas le coach de la sixième saison du télé-crochet. En marge du petit écran, c’est en studio que le leader de Suarez s’épanouit pleinement. En plein enregistrement, il finalise actuellement les dix chansons du prochain album de sa formation. Quelques semaines avant la sortie du nouveau Ni rancœur, ni colère, le chanteur nous raconte sa vie en musique. Retour sur quatre disques importants, tous piochés sur sa ligne du temps.


À 9 ans, j’écoutais : The Very Best of d’Elton John (Polygram)

C’est en me promenant dans une grande surface avec mes parents que j’ai choisi ce disque dans les rayons. Je n’avais aucune raison de prendre celui-ci en particulier. La découverte d’Elton John est donc arrivée comme ça, par hasard. Ce Very Best Of, c’est d’abord l’histoire de ma première chaîne hi-fi avec lecteur CD intégré. J’ai usé cette compilation jusqu’à l’épuisement. Je connais encore les enchaînements par cœur : Your Song, Rocket Man, Honky Cat, Crocodile Rock... Elton John est ma première référence musicale. Pour moi, c’est d’abord un grand mélodiste. Bien plus tard, j’ai partagé cette Elton-mania avec Dada Ravalison, un musicien malgache qui, depuis, m’accompagne dans l’aventure Suarez. L’envie d’écrire des chansons qui restent en tête tient, en grande partie, à cette référence commune. Sur la compile, Elton John revisite aussi Lucy in the Sky with Diamonds. Je connaissais la version originale : il y avait un exemplaire de Sgt. Pepper’s à la maison. Mais je n’ai compris cet album que bien plus tard. Gamin, je trouvais ça indigeste. Par la suite, j’ai compris à quel point ce disque des Beatles était en avance sur son temps.


À 18 ans, j’écoutais : OK Computer de Radiohead (Parlophone/EMI)

Comme beaucoup d’adolescents de ma génération, j’ai appris à jouer de la guitare en me frottant au répertoire de Nirvana. C’est mon introduction au rock. Mais j’étais bien plus rêveur que rebelle. Je me suis vite détourné des guitares agressives en découvrant la finesse de Radiohead. J’appréciais déjà les tubes Creep et Just mais, sur album, j’arrive réellement au groupe via OK Computer. Intérieurement parlant, j’ai énormément voyagé au contact de ce disque. Radiohead est le nom pour lequel j’ai acheté mon premier ticket pour un festival d’été. C’était Rock Torhout 1997. Je me souviens des concerts de Silverchair, Skunk Anansie, Smashing Pumpkins ou The Prodigy. Évidemment, le clou du spectacle, c’était la performance de Thom Yorke. Je n’ai jamais essayé de composer un morceau « à la Radiohead ». J’en suis incapable. C’est aussi pour ça que ce groupe me fait rêver.


À 27 ans, j’écoutais : Continuum de John Mayer (Aware Records)

Après Radiohead, je me suis plongé dans Phoenix. Je connais la discographie du groupe français sur le bout des doigts. Quand j’écoute leurs albums, je me dis toujours que ça vieillit particulièrement bien. J’ai la même impression quand je reviens sur les productions de John Mayer, un artiste américain bercé par le blues, les musiques folk et soul. L’album Continuum s’ouvre avec le morceau Waiting on the World to Change. Si on traduit ce titre mot à mot, on aperçoit les débuts de Suarez avec le single On attend (que le monde change). John Mayer m’a énormément inspiré. Au niveau de la mélodie, il frise la perfection. Par ailleurs, c’est un guitariste virtuose. Il parvient à placer un solo de gratte dans chaque titre, sans que ce soit grandiloquent ou prétentieux. L’album Continuum est irréprochable : il est bourré de morceaux que tout le monde peut chanter. Il n’y a rien à jeter.


À 36 ans, j’écoutais : Higher d’Alice On The Roof (Label Et Labet)

Aujourd’hui, à l’ère de Spotify, c’est l’hégémonie du titre unique. Sur les réseaux sociaux, je consomme des milliers de singles. Par contre, je n’écoute plus un album en entier comme je le faisais auparavant. Là, si je dois en retenir un, c’est Higher que j’ai écrit et composé en compagnie d’Alice On The Roof. Cet album a changé ma vie : il est arrivé à un moment où je ressentais le besoin de m’éclipser, de m’éloigner de l’exposition médiatique. Que soit avec Suarez ou sur le plateau de l’émission The Voice, je me suis souvent retrouvé en première ligne. Ici, j’ai eu l’occasion de vivre le succès d’Alice de près, tout en restant planqué dans l’atelier de fabrication des chansons. Cela étant, le mérite lui revient entièrement. Moi, je n’étais qu’un maillon de la chaîne. Mais avoir le début de carrière d’une artiste entre mes mains, c’était un solide défi. Ce disque m’a aussi donné l’opportunité d’approfondir mes connaissances dans le domaine de la production. Techniquement, j’ai appris à construire des chansons autrement. Ce sont des trucs et astuces que je vais mettre à profit sur le prochain album de Suarez.


www.suarezlegroupe.be

Marc Pinilla retrouve le fauteuil de coach au sein de l'émission The Voice, à partir du mardi 10 janvier sur la RTBF.

Un nouvel album de Suarez est prévu pour ce premier trimestre 2017. Le premier single est sur les ondes depuis le 9 janvier, Ni rancoeur ni colère.

Première date de la tournée : le 4 février à l'Ancienne Belgique.