Depuis Bruxelles, une formation imagine la musique d’un monde accueillant : un modèle d’intégration musicale. À l’écart des contrôles douaniers et autres délimitations territoriales, Phoenician Drive traverse les frontières pour trafiquer des morceaux foutraques et grandioses, aventureux et voyageurs. Krautrock, flamenco, mélodies psychés, jazz, musiques des Balkans et grooves orientaux s’agitent ici, au cœur de deux morceaux en fusion. Avec son premier EP, Phoenician Drive signe un décret anti-ségrégation sonore : les bases d’un traité de paix. Pour danser un peu partout, nuit et jour.

Début 2015, une entité protéiforme émerge au confluent de cinq personnalités musicales. Baptisée Phoenician Drive, l’affaire répond d’abord aux utopies de Diego Moscoso. En secret, le percussionniste du Bernard Orchestar rêve de siffler des mélodies psychés sur des airs piochés aux quatre coins de la planète. Pour exporter ce fantasme dans la réalité, le garçon fait appel au oud de Gaspard Vanardois, à Joaquin Garcia Bermudes et à sa passion du flamenco, à la batterie de Martin Rault et au bassiste Matthieu Perrault. À l’origine, je suis une pièce rapportée, révèle Valerian Meunier, guitariste de la troupe et figure de proue du groupe de rock Moaning Cities. Je vivais en colocation avec Diego. Un soir, je suis tombé sur une répétition acoustique dans notre salon. C’était étrange. Chacun essayait des trucs dans son coin. À première écoute, ça semblait inconciliable. Pour ne rien arranger, je suis arrivée avec ma guitare... Au final, six mois ont été nécessaires pour composer quelque chose de cohérent. Nous avons travaillé comme un orchestre, en insistant sur l’aspect symphonique. Dans ce paysage multicolore et bigarré, la symbolique de l’expression « au carrefour des cultures » prend toute sa mesure. Loin des clichés, au plus près de la vérité, Phoenician Drive sillonne le monde avec des mélodies venues d’ailleurs : des bricoles à la fois inclassables et indémodables, terriblement urgentes et vraiment différentes. Déjà, sur le papier, nos six personnalités sont diamétralement opposées. Rien que nos fringues trahissent cette diversité. C’est pire qu’une campagne publicitaire Benetton ! Par miracle, les six musiciens trouvent ici un terrain d’entente : une parcelle inexploitée où fleurissent des herbes psychés et quelques arbustes balkaniques, des broussailles moyen-orientales et plusieurs plants de chardons, piquants, épiques, toujours électriques. Publiés sur un vinyle, les débuts du groupe tiennent en deux morceaux athlétiques, plutôt portés marathon, voire même décathlon. Ensemble, Two Coins For The Boatman et Fat Bill sautent ainsi la barre des vingt minutes. Pour le coup, la question du format ne semble pas trop affoler Phoenician Drive. Paradoxalement, nous ne sommes pas fermés à l’idée d’écourter une compo. La notion de transe est importante. Mais elle ne détermine en rien la durée de nos morceaux. Enregistrés en une journée aux Ateliers Claus, ces deux titres sont passés entre les doigts experts de DéBRUIT, DJ voyageur et producteur tout-terrain. Célébrés pour ses tours du monde orchestrés au croisement du hip-hop, des musiques traditionnelles et de la culture électronique, l’artiste français peaufine la vision du collectif bruxellois. Chez Phoenician Drive, la construction des morceaux repose sur des plans complexes. Pourtant, à l’oreille, la musique coule de source. Fluide, accessible, elle flirte avec une forme de langage universel. On peut apprécier notre univers sans en saisir l’essence. Il n’est pas nécessaire de maîtriser nos références pour plonger dans l’ambiance. Et les yeux fermés, c’est encore plus beau.

www.facebook.com/Phoeniciandrive

Sortie prévue le 28 avril 2017

À découvrir (obligatoirement) sur scène notamment lors de la Fête de la Musique

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Phoenician Drive
Phoenician Drive
Exag’ Records