Cet été, le trio bruxellois a passé quelques jours à Barcelone, le temps d’un clip annonciateur de son retour sur disque. Un EP s’annonce pour la rentrée. Quant à l’album… On verra plus tard, répondent Arnaud, Benoît et Julien. Question de stratégie, notamment, qu’ils peaufinent.

Vous voilà de retour avec du neuf : vous aviez votre dose de Cashmere Guns ?
C’est surtout qu’on a des dizaines de choses à exploiter, plein de nouveau matériel sur lequel on bosse. Mais on n’a jamais vraiment trouvé sous quelle forme le sortir, parce qu’on change souvent d’avis à ce sujet. On n’est jamais convaincu par une forme ou une autre. L’idée est donc de sortir un EP dans un premier temps, et de voir pour la suite, avec un album éventuellement en 2018.

Vous avez du mal à choisir entre l’album, l’EP, le single, le numérique ?
Dans le rap, ça se fait beaucoup, cette stratégie de sortir juste des singles avec des clips. Tu as des gens qui vont sortir des EP, des gens qui vont sortir plein d’albums, et en fait, il n’y a pas une situation dans laquelle on se retrouve à cent pour cent. Il n’y a pas « UNE » stratégie qui est la bonne. Actuellement en tout cas, parce que la consommation a tellement changé. Mais on se retrouve plus dans une démarche proche de celle des artistes hip hop que dans la démarche traditionnelle des labels : enregistrer un album, le sortir, tourner…

Mais l’album vous tient à cœur ?
Ce sera le premier et on en parle depuis le début. Mais il faut aussi être intelligent dans la démarche et le faire au bon moment. Pas le faire pour le faire, comme c’est le cas pour pas mal de groupes qui après se cassent la gueule : avec ton album, tu sors en une fois tout ce que tu avais, mais personne ne l’écoute parce que personne ne t’attend. Pour nous… Y a-t-il une vraie attente pour un album ? C’est un gros morceau ! Les gens doivent vraiment être en demande. Nous, on est encore dans une position où on doit construire le truc. Et cette approche Internet permet en fait d’y aller vraiment step by step, amener morceau par morceau, laisser plus de temps aux gens peut-être d’assimiler les titres, d’assimiler les visuels, d’assimiler l’univers, etc. Ça nous permet aussi simplement d’avoir une actualité plus rythmée. Et puis de disposer du temps qu’il faut, parce que ça en demande énormément, pour composer, produire, tourner les clips et réaliser les visuels nous-mêmes.

Ce titre clippé en Espagne, que peut-on en savoir ? L’EP ressemblera à quoi ?
C’est un morceau assez solaire, moins sombre que Acid, par exemple, et peut-être aussi plus dansant. Sans le vouloir ou sans le remarquer, au bout d’un long processus de création, on en est un peu revenu à un truc d’efficace à la Wounds (sur l’EP U as in Ulysse - Ndlr). On pousse encore plus ce qu’on a fait dans Acid : ce mélange des langues avec Roméo Elvis, des éléments un peu spéciaux. C’est une direction qu’on va suivre, ce côté un peu « différent », « bizarre » et « hors du temps ».

www.ulyssemusic.com

Release party le 28 septembre au Botanique (complet)