Oui mais ça ressemble à quoi ? C’est qui ? Et même en Belgique, ça existe ? Ou alors ce dérivé du rock dur y est un style plutôt discret ? Réponses à toutes ces interrogations en compagnie de quelques représentants, pratiquants et défenseurs d’un genre qui n’est pas tout à fait ce qu’on croit.

Vous vous rappelez de cette liste, maintes fois étoffée, des différents sous-genres du metal expliqués par la parabole du chevalier, de la princesse et du dragon ? Mais si ! Par exemple, pour le heavy metal : Le chevalier arrive sur une Harley Davidson, tue le dragon, boit quelques bières et baise la princesse. Le metal progressif, ça donne : Le chevalier arrive avec une guitare et joue un solo de 23 minutes, le dragon se suicide d'ennui, le chevalier arrive alors près du lit de la princesse, joue un autre solo, la princesse s'enfuit et va chercher le chevalier heavy metal.

Le folk metal ne pouvait décemment être oublié : Le chevalier arrive avec des amis flûtistes et violonistes, le dragon commence à danser et à boire de l'alcool, il tombe ivre mort. Le chevalier sauve la princesse et l'épouse. À ne pas confondre bien sûr avec le pagan metal : Le chevalier arrive avec sa hache et son corps peint à la Braveheart, invoque le pouvoir de la Terre et des Dieux immortels guerriers, entraînant l'engloutissement du château, et provoque un vent tranchant qui décapite le dragon et déchire la robe de la princesse. Le chevalier la capture et la baise dans la forêt pour remercier l'Esprit des Bois.

Des groupes du cru
Trêve d’ironie, nous sommes bien d’accord, mais reste qu’il y a moyen d’écrire un bouquin rien que sur les dérivés du rock dur. À propos de bouquin, quoi de mieux pour s’y retrouver dans ce qui nous occupe que feuilleter celui commis dans La Petite Bédéthèque des Savoirs par l’éminence Jacques de Pierpont et Hervé Bourhis ? Le Heavy Metal, page 47, sous l’intitulé « L’univers étendu du black metal », on lit : Issu du black metal, le pagan metal désigne une sous-culture transversale qui fait référence à divers héritages anciens (nordique, celtique, hellénique…). Son versant le plus vivace, dès la fin des années 90, est le « folk metal » qui mixe fond metal et instruments traditionnels (cornemuse, mandoline, flûte…).

Des instruments traditionnels, les Bruxellois d’Ithilien en utilisent abondamment sur les deux albums qu’ils comptent à ce jour, dont le second, Shaping the soul, date de cette année. Précisément : des vielles à roue et à clavier, des cornemuses, du violon et du bouzouki. Le groupe tire son nom de la région des collines et des forêts du Royaume de Gondor cher à Tolkien. Passé par la case Loud, le concours de Court-Circuit qu’il remporte en décembre 2013, il assume ses influences. Notamment les Finlandais d’Ensiferum, ou encore les Suisses d’Eluveitie. Et livre un show complet : la musique compte mais le visuel aussi, et donc… les costumes ! Nos morceaux dans l'ensemble sont des pièces originales, nous précise Pierre, le chanteur et guitariste. À l'exception du morceau The bear dance (extrait de Shaping the soul - ndlr), qui est un morceau traditionnel belge. Et voilà le lien noué avec le terroir !

Le hic ? Le style n’aide pas à monter sur les planches. Effectivement, il y a malheureusement peu de possibilités en Belgique, déplore-t-il.

Organisateur, cette sinécure
C'est courageux, comme article, s’amuse Bernard Hemblenne quand on entreprend avec lui d’affiner le topo sur cette scène belge... Agent chez Intersection, mais aussi régisseur et organisateur de concerts et festivals, lui aussi a fait le décompte des différentes chapelles du metal ou plus généralement du rock dur. Il précise essayer de garder un certain « éventail » dans son roster, de manière à ce que ses groupes (dont Ithilien) n’entrent pas en concurrence les uns avec les autres. Avec le succès du Durbuy Rock Festival qu’il coordonne depuis bientôt 23 ans, et les portes qu'il lui ouvre, chez Intersection, il s’est véritablement spécialisé dans le booking de groupes « durs », français et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le folk metal est assez populaire en ce moment, pas si confidentiel que ça......

(...) La suite dans le Larsen #25 - disponible dès le 3 novembre