Apparue au milieu des années 1990 avec l’envie d’explorer d’autres façons de danser, la compilation Moving House connaît aujourd’hui une seconde vie. De quoi réveiller le dancefloor. Encore et encore.

Parfois, les planètes s’alignent. Alors qu’il vient d’acquérir une nouvelle maison, Geoffroy Dewandeler ressuscite la compilation Moving House. Entre les caisses de disques et celles de son déménagement, le propriétaire du label subfield déplace des poids lourds et fait bouger les choses. DJ et producteur au nez fin, le garçon cultive une passion débordante pour les matières électroniques. Dès qu’un beat atypique tape à l’orée du bois, il est là. Toujours prêt à bondir pour capter l’onde de choc, l’homme qui se cache derrière la musique de Mugwump s’est illustré au mitan des années 1990. À l’époque, quelques DJ’s anglais refont le portait de la house américaine. Intrigué, Geoffroy Dewandeler s’en va trouver l’écurie Crammed Discs avec une proposition : défricher les contours de cette scène électronique émergente. Séduit par l’idée, le label bruxellois lui donne les clefs de la compile Moving House. Publié en 1996, le premier volet met à l’honneur découvertes (Jordan Fields, Johnny Fiasco) et trouvailles appelées à briller en radio (Basement Jaxx). En 2002, après quatre livraisons, la compilation baisse pavillon. Nous avions fait le tour de la question, raconte le DJ. Et puis, à l’époque, les forces-vives de la house s’épuisaient, supplantées par l’émergence de l’electroclash. Quinze ans plus tard, Geoffroy Dewandeler décide de relancer la machine. Avant, Moving House reposait sur l’envie de présenter un style. Aujourd’hui, c’est différent. La house est devenue un courant majeur, quasi mainstream. Au regard de cette évolution, la compile se focalise désormais sur les vagues alternatives de ce mouvement. Honnêtement, je ne vois pas l’intérêt de resservir des formules génériques de Kerri Chandler… Ici, l’idée est plutôt de montrer comment la house se transforme au contact d’autres styles musicaux. L’ingestion du disco et des matières psychédéliques donnent ainsi l’occasion de découvrir un rapport renouvelé au dancefloor. Entre trip cosmique et transe tellurique, les artistes présents au rapport se montrent à l’aise sur toutes les surfaces synthétiques. Au rang des incontournables, l’objet enferme des titres signés Max Pask (Apophenia) et Second Language (Nothing So Far). Pour son retour, la compilation établit aussi des connexions avec la scène belge. À côté de Mugwump ou Front De Cadeaux, DC Salas revisite De Man Die Alles Noteert, tube prescrit en 1983 par le groupe Arbeid Adelt! Je suis à la tête d’un label établi à Bruxelles. Forcément, je reste attentif à ce qui se fait chez nous. Par le passé, j’ai sorti des disques de Front De Cadeaux et DC Salas. Il me semblait donc logique de les convier au casting de Moving House. Derrière les murs de la maison, on croise également quelques pointures internationales, des locomotives comme Roman Flügel ou Andrew Weatherall. Ce sont des noms établis, évidemment. Mais ils témoignent d’une incroyable vitalité. Leurs propositions artistiques sortent des sentiers battus. Ces mecs ne sont jamais dans la redite. Leur son évolue constamment. Providentielle, la compilation Moving House vient marquer une respiration dans les activités du label subfield et le calendrier surchargé de son patron. Entre les nouvelles signatures et l’arrivée pressentie d’un album de Mugwump, Geoffroy Dewandeler calme le jeu en distribuant du bon son. Que demander de plus ?

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Subfield Label Night // vendredi 17 novembre 2017 - Maison des Musiques (Bruxelles)