Après un EP prometteur sorti l’année dernière, Lethvm revient aujourd’hui à l’avant de la scène avec un premier album studio, This Fall Shall Cease, qui sera disponible le 24 novembre. Signés sur trois labels différents, vainqueurs du Loud Program 2017, bookés çà et là en Belgique et en France jusqu’à la fin de l’année, les propagateurs d’ambiances lourdes et glacées semblent entraînés dans un élan que rien ne peut stopper. 

Foisonnement. S’il fallait un mot pour décrire le groupe, ce serait sûrement celui-là. Le plus facile d’abord, au niveau géographique : Tony est originaire de Namur, Matthieu de Genappe, Ben de Bruxelles et Vincent de Liège. Puis vient la musique, plus difficile. Ça n’a pas été simple de trouver notre propre son, car chacun de nous a des styles de prédilection très différents, explique Ben, le bassiste, avant d’être complété par Tony : notre musique, c’est un pot-pourri de « metal » ! Après quelques éclats de rire, le batteur poursuit, plus sérieusement : Quand on a commencé à écrire notre nouvel album, on avait un seul but en tête : qu’on ne s’ennuie jamais en l’écoutant. C’est pourquoi nos compositions vont piocher à droite et à gauche dans nos passés musicaux, pour finalement en ressortir une unité qui nous convienne à tous.

This Fall Shall Cease propose un voyage au cœur de l’être, au plus profond de l’esprit, là où l’intellect n’a plus pied. Je veux délibérément être éloigné des mots afin de transmettre uniquement un ressenti, explique calmement Vincent, le vocaliste de la formation. Mon chant est en anglais et est complètement saturé. Donc, soyons clairs : tu ne comprends pas ce qui est dit sans en lire au préalable les paroles. Ma voix n’est en fait qu’un vecteur d’émotions. Découpé en sept actes, cet enregistrement est à appréhender comme un ensemble homogène. Ça n’aurait pas du tout la même gueule si les chansons avaient été mises dans un ordre différent, évoque Tony. On a notamment passé pas mal de temps sur les fins et débuts de morceaux afin que tout se suive naturellement. Travaillées, détruites, reconstruites, ciselées, les compositions ont été manipulées pendant des mois. Au final, on a éliminé beaucoup d’idées, on a supprimé beaucoup de riffs. Ça a été un travail de longue haleine, comme un gros bloc de marbre qui aurait été patiemment buriné, raconter Matthieu, le guitariste. En une quarantaine de minutes, Lethvm propose une dilatation du temps, telle une profonde respiration précédant l’apnée. Plus qu’un album : une expérience.

UN HORIZON DÉGAGÉ
Après avoir été signé par trois labels différents (assurant une sortie sur CD, mais également en vinyle et sur cassette), Lethvm remporte, en août dernier, une place parmi les quatre vainqueurs du Loud Program 2017. Il s’agit là d’un concours adressé aux groupes de « metal » et musique extrême en Fédération Wallonie-Bruxelles, dont les lauréats se voient bénéficier d’un dispositif d’accompagnement. C’est Grégoire Fray, de Thot, qui va nous aiguiller en résidence pendant deux jours. C’est une grande première pour nous. On va principalement se pencher sur notre son en façade ainsi que sur l’utilisation des lumières pendant nos shows. On va également aborder le ressenti de nos morceaux sur scène, explique le vocaliste, la voix teintée autant d’impatience que d’appréhension. Enrichis de ces précieux conseils, les musiciens prendront ensuite d’assaut quelques salles belges (Arlon, Bruxelles, Dour – sans oublier Sambreville au Doom Wood Fest, le 24 novembre, à l’occasion de la sortie de l’album), mais également en France (Valenciennes) d’ici la fin de l’année. Et d’ici là, pas question de se reposer sur ses acquis : la formation planche déjà sur de nouvelles compositions, en vue de sortie un split dès l’année prochaine. Un vent frais commence à souffler sur la scène underground belge et Lethvm risque encore de faire parler de lui.

www.facebook.com/lethvmband

Lethvm
This Fall Shall Cease
Deadlight Entertainment

----

Le 9 décembre 2017 au Botanique