Entre travaux en cours et chantiers à durée indéterminée, Larsen a bravé les rues d’Ixelles pour dégoter quelques objets chez Sonnfjord. Imaginé en 2014 autour de quelques mélodies bucoliques, véritablement lancé deux ans plus tard, le groupe investit à présent un environnement urbain à travers six titres émancipés des clichés folk-rock. Libre de ses mouvements, le trio bruxellois danse désormais sur des tubes ultra pop et légers. Façonné en compagnie du producteur Charles De Schutter (Baloji, -M-) et du Parisien Stan Neff (Louane, Camille, Christine And The Queens), le EP City Lights met en lumière la voix sucrée de Maria-Laetitia Mattern et confirme le haut potentiel de séduction de la formation.

Une cellule magnétique

François Moffaerts : J’associe cet objet à mon petit plaisir du dimanche : passer des vinyles dans le salon. Ces dernières années, j’ai réappris à prendre le temps d'écouter de la musique et, plus largement, à faire les choses tranquillement. J’essaie de profiter de la vie à mon rythme. Sans me stresser. La société nous impose une cadence frénétique et, pour ma part, j’étais devenu incapable de suivre l’allure… J’avais l'impression de passer à côté du moment présent. Nos nouveaux morceaux sont disponibles sur toutes les plateformes d’écoute en ligne. Par manque de temps et d’argent, le EP City Lights sortira uniquement en CD. Actuellement, nous travaillons sur les chansons de notre futur album : un disque que nous tenons absolument à presser en vinyle.

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Un stylo

Aurelio Mattern : Pour m’épanouir au quotidien, j’ai besoin de créer. J’accorde beaucoup d'importance à la notion de créativité. À mon sens, c’est une valeur qui mériterait davantage de place dans nos sociétés. Avant de me consacrer pleinement à la musique, j’étais enseignant dans une école primaire. En classe, j’incitais les élèves à se montrer imaginatifs. Mais, bien souvent, les enfants étaient déstabilisés quand ils disposaient d’une liberté totale... De mon côté, je rêve d’écrire un roman depuis des années. Pour arrêter de renvoyer ce projet aux calendes grecques, je me suis acheté ce stylo. Je le voyais comme un moyen de passer à l’action. Sauf qu’une fois que revenu avec à la maison, je l’ai déposé dans un tiroir et je n’ai rien rédigé du tout. Depuis que j’ai acquis cet objet, j’ai quand même compris un truc : je n’ai aucune excuse. Ce stylo est seulement un prétexte, une raison de ne pas s’y mettre. Parce qu’en réalité, on n’a pas besoin d'un outil pour être créatif. Il suffit d'avoir des idées et de les développer. C’est ce qu’on s’efforce de faire avec Sonnfjord.

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Un manuscrit

Maria-Laetitia Mattern : Quand j’avais douze ans, j’ai écrit un bouquin intitulé Le monde d’en-haut. Toute l’histoire est enfermée dans ce manuscrit : 150 pages qui racontent les aventures de personnages perchés dans les nuages. Au cours du récit, le soleil disparaît et c’est la panique à bord. Pour retrouver la lumière, une fille du monde d’en-haut va partir en mission avec un garçon qui vit en bas. Le ciel et la terre s’unissent donc pour ramener le soleil. Bref, je m’étais un peu emballée... À l’époque, j’étais férue de littérature fantastique, passionnée par Les Royaumes du Nord et la série des Harry Potter... Même si j’ai écrit ce livre quand j’étais gamine, je pense être restée la même. L’énergie qui m’animait alors me porte encore aujourd’hui. Avant, je pouvais passer des nuits blanches sur un chapitre. À présent, je transpose ce comportement dans la musique. S'abandonner corps et âme dans l’objet de sa passion et essayer d’en faire son métier, ça peut sembler naïf. Pourtant, ça me correspond. Quand je vois ce manuscrit, je sais exactement d'où vient l’envie de m’investir dans un projet comme Sonnfjord. Les textes de mes chansons sont beaucoup moins innocents qu’autrefois. J’ai délaissé l’aspect fantastique et fictionnel pour me tourner vers des thèmes plus personnels et, je l’espère, universels.

En concert lors de la Fête de la Musique :
- 22 juin : Marche-en-Famenne (Place aux Foires)
- 23 juin : Philippeville (Place d'Armes)
- 24 juin : Bruxelles (Parc du Cinquantenaire)