Quand cinq potes d’enfance se retrouvent, ils ressassent les bons souvenirs et ressortent de vieilles vannes du placard. Baptiste Lalieux (Saule), Vincent Lontie (FùGù Mango), Geoffroy Heyne (ex-aMute), Nicolas Vandeweyer (Eleven) et Simon Bériaux (Hibou, Clare Louise) ravivent leurs fantasmes adolescents sous le soleil californien. Planqués derrière le nom de code Gonzo, les garçons appuient sur la pédale de disto et enfilent cinq tranches de power pop sans vaseline. Entre supergroupe et méga déconne, Gonzo voit la vie en bleu. Comme la pochette du premier album de Weezer.

Individuellement, chaque musicien impliqué dans le projet représente un style musical singulier, radicalement différent de ce que l’on peut entendre chez Gonzo. Qu’est-ce qui vous rassemble ici ?
Baptiste Lalieux: L’envie de revenir à quelque chose de plus abrupt, d’appuyer sur la pédale de disto et de chanter en anglais. Moi, par exemple, avant de me lancer dans la chanson française, je jouais de la gratte dans Flip Coin, un groupe d’inspiration punk-hardcore. Par la suite, avec My Second Skin, j’ai migré vers le rock sous l’influence combinée de Radiohead et Jeff Buckley. Dans la foulée, j’ai eu l’occasion de sortir un disque de Saule… Mais je n’ai jamais renoncé à ma passion pour le monde anglo-saxon. Au départ, Gonzo était surtout un prétexte pour revoir les copains. Quand on a commencé, on jouait des reprises de Weezer, un groupe dont on est hyper fan. Sporadiquement, on donnait des concerts dans un petit café bruxellois. À chaque fois, on rencontrait l’enthousiasme du public. C’est ce qui nous a poussés à aller plus loin. C’est la réaction des gens qui nous a motivés à écrire des compos originales.

Aujourd’hui, vous publiez un E.P. Quelle est l’histoire de ce premier enregistrement ?
Nicolas Vandeweyer: Ces morceaux ont été enregistrés en 2007. Récemment, un pote est tombé dessus. Il était convaincu qu’on devait les sortir. On a alors envisagé de louer un studio pour retravailler les chansons. Mais là, le copain en question était formel : il fallait absolument tout laisser en l’état, conserver l’esthétique rock garage et le son cra-cra des premières démos.
B.L.: Pour une raison qui nous échappe encore, un de nos titres (Clean) a commencé à tourner en radio. Dans la foulée, on a reçu des propositions de concerts. Le moment semblait donc idéal pour publier ce E.P.

Est-ce que ce premier épisode des aventures de Gonzo peut débouler sur l’enregistrement d’un album ?
B.L.: Ça nous semble de plus en plus évident. Aujourd’hui, Gonzo est programmé à l’affiche de différents festivals. On se produit sur des scènes de plus en plus grandes et la durée de nos concerts s’étend à chaque fois de quelques minutes. Pour tenir la cadence, on se doit de composer de nouveaux morceaux.

C’est quoi l’esprit Gonzo ?
B.L.: C’est celui qui découle des années 1990 et de tous les groupes qu’on a adoré à l’époque. Je pense à Bloodhound Gang, NOFX ou Blink 182 : des projets où on ne se prend pas la tête. Où l’essentiel se situe au niveau du fun et de la déconne entre potes. Cette philosophie transparaît forcément à travers les paroles de nos chansons. Gonzo, c’est le syndrome «Peter Pan». C’est un retour en enfance. Voilà pourquoi on joue à fond la carte du rock nineties. On cherche un truc qu’on a perdu en cours de route : un son un peu déglingué et mal dégrossi qui sert de bonnes mélodies. Aujourd’hui, tout semble plus lisse, plus formaté, plus compressé. Ça nous excitait de replonger aux racines de notre adolescence. Après, ça ne veut pas dire qu’on fait n’importe quoi sous des prétextes rétrogrades. On a accordé beaucoup d’attention aux harmonies vocales et à la cohésion entre les morceaux. Ce projet tient la route.

Le nom de votre groupe, c’est une référence au style et à l’œuvre de Hunter S. Thompson ?
N.V.:
Il y a de ça. C’est aussi un clin d’œil rigolo aux productions pornographiques des années 1990 où tout se passait dans le feu de l’action. On voit également Gonzo comme une référence au personnage du Muppet Show. C’est vraiment une ode aux "lossers". Au début, on voulait s’appeler Carlos of the Stone Age parce qu’on était persuadé que notre musique se situait quelque part entre les chansons de Carlos et les morceaux de Queens of the Stone Age.

Gonzo est-il un groupe à géométrie variable ?
B.L.:
Je pense que oui. On est prêt à accueillir tous ceux qui sont dans le même délire que nous. On a d’ailleurs imaginé de monter l’un ou l’autre «featuring» pour l’enregistrement de notre disque. J’ai bien envie de choper Giacomo, le leader de Romano Nervoso. J’aime bien le gars. Je suis sûr que c’est le genre de type qui va capter notre délire. On n’exclut aucune ouverture vers l’extérieur, même si la base du groupe ne bougera sans doute jamais.

galaxygonzo.bandcamp.com


Gonzo
Gonzo E.P.

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