Cow-boys des bords de Meuse, hors-la-loi de la chanson, les quatre garçons de Dalton Telegramme sillonnent une route bordée de cactus et de séquoias géants. Sur le chemin, ils braquet la diligence du guitariste Seb Martel (-M-, Camille) et détournent un convoi de mots français à travers les plaines américaines. Pour arriver à leurs fins, les mecs tirent sur tout ce qui bouge: blues, folk, country et rock’n’roll. Racontée en douze morceaux, l’épopée s’expose aujourd’hui sur un premier album atypique et authentique. L’affaire s’intitule Sous la fourrure et, forcément, elle tient la chanson française au chaud.

Certains groupes prennent corps en Belgique, mais rêvent leur musique sous d’autres latitudes. Dans le genre, Dalton Telegramme fait fort. L’esprit planté dans des paysages lointains, le quatuor liégeois arpente la chanson française à travers des refrains exotiques et quelques mélodies venues d’ailleurs. Dès nos débuts, en 2010, les racines country-folk du projet étaient présentes, détaille Quentin Maquet, chanteur à la barbe bourrue et au verbe affable. Cela dit, notre première préoccupation, c’était d’écrire des chansons. On a toujours été fasciné par les artistes qui s'expriment en français. À cet égard, les albums de Nino Ferrer, Jacques Dutronc ou Alain Bashung restent des sources d’inspiration inépuisables. Conjuguée au présent, la chanson offre également de jolis spécimens : BABX, Albin De la Simone ou Bertrand Belin sont des personnages qui nous stimulent énormément. Pour nous, écrire des textes en français, c’est naturel. On ne force jamais le trait. On est dans notre élément. Tellement qu’au bout d’un an de pratique, les musiciens triomphent sur les planches du Botanique en finale du concours DFDT (Du F. dans le Texte). Ce succès nous a permis de trouver nos marques en Belgique, poursuit le plus petit des Dalton. À force de jouer des concerts, on a compris qu’on pouvait forcer le trait, aller plus loin dans notre démarche. Attachés à la mythologie du Sun Studio, aux enregistrements des pionniers du rock’n’roll (Johnny Cash, Carl Perkins, Charlie Feathers, Elvis Presley, Jerry Lee Lewis), amateurs de westerns et des films signés par les frères Coen (Fargo, O’Brother), les quatre musiciens décident finalement de vivre leurs fantasmes pour de vrai en partant à la conquête de l’Ouest. Au printemps 2012, Dalton Telegramme embarque ainsi à bord  d’une carlingue et planifie quelques larcins à l’ombre de la feuille d’érable. Un soir, dans un troquet de Montréal, on a vu un concert de Lisa LeBlanc. Ça nous a époustouflés. On n’avait jamais vu un truc pareil. Quand on est revenu de notre première tournée au Canada, on a compris ce qu'on voulait faire, en étant le plus authentique possible. C’est essentiel de rester fidèle à son identité artistique. On sait très bien qu’on ne sera jamais de vrais cow-boys: on est un groupe belge, pas canadien. N’empêche. Ce voyage marque un point de non-retour. À partir de là, Dalton Telegramme se passionne pour la culture nord-américaine et les musiques cajuns. Dans son balluchon, la formation fourre des broutilles country, quelques vieux morceaux de blues et autres pépites folkloriques. Soit le matériel nécessaire pour promener la chanson française à travers les plaines d'Amérique ou au fin fond des bois québécois.

ADN et castagnettes
En 2013, le groupe galope à travers les mots, dégaine un premier E.P (La cavale) et rafle la mise en télé à l’occasion des Talents Acoustic TV5 Monde. L’émission qui a, notamment, participé à l’avènement du duo français Brigitte constitue une vitrine internationale de premier choix pour les quatre Liégeois. Plébiscité en Belgique et à l’étranger, le groupe passe à l’action en publiant un nouvel E.P (La Planque) en compagnie du producteur Lucas Chauvière (-M-, Babylon Circus). Après ces deux cartes de visite, Dalton Telegramme s’affaire aujourd’hui aux commandes de Sous la fourrure, un premier album échafaudé aux côtés du guitariste Seb Martel (Femi Kuti Tony Allen, Camille). On l’a contacté par l’entremise de Lucas Chauvière, explique Quentin Maquet. On le suit depuis toujours. On l’a vu jouer de la gratte avec -M-, JP Nataf ou Camille. Il a accepté de produire Sous la Fourrure. Pour nous, c’était une collaboration super enrichissante. Il a mis sa six cordes à contribution pendant les sessions. Il a même joué des castagnettes sur un morceau. Baptisé Sous la fourrure, l’album titre son ADN du titre d’une des nouvelles chansons. On voulait enregistrer un disque sincère, s’affirmer sans artifice ni effet de manche. Le morceau Sous la fourrure a été capté en quelques prises, à l’arrache, sans tricher. C’était nécessairement le bon étalon pour évoquer nos motivations et parler des douze chansons rassemblées sur cet album. Disque à fleur de peau, Sous la fourrure dépeint Dalton Telegramme au naturel, dans son plus simple appareil: un groupe vrai de vrai pour un disque au poil.

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Dalton Telegramme
Sous la fourrure
Freaksville records