En un petit cumulé sur la ligne du temps, on se retrouve projeté en 1998. À l’époque, Lenny Kravitz se promène avec un single cinq étoiles : Fly Away. En 2016, cette même chanson offre son nom à une manifestation à vivre en bikini, paréo ou, plus simplement, en maillot. Nouveau venu sur la carte des festivals d’été, le Fly Away traverse les frontières et parachute le drapeau belge sous le soleil de l’île de beauté. Du 21 au 25 septembre, la plage de Cargèse verra ainsi déferler des vagues d’artistes venus de chez nous (Balthazar, Nicola Testa, Noa Moon, Sharko, etc). Itinérante et inédite, l'expérience vend du rêve. Oui, mais à qui ? Et surtout, pourquoi ? Éléments de réponse en compagnie des G.O. de l’événement.

Pourquoi le Club Med ?
Arnaud de Koninck et Olivier Biron:
Ça fait trois ans que l'idée de créer un nouveau festival nous trotte dans un coin de la tête. Un soir, on a abordé ce sujet avec un ami d'enfance : un copain qui bosse dans une agence de voyage. En mai 2015, on a envoyé notre projet aux responsables du Club Med. Dès le lendemain, on a été invité à rencontrer la direction qui, d'emblée, a marqué son intérêt pour le festival. Les dirigeants du Club Med nous ont alors suggéré quatre ou cinq destinations. En feuilletant les magazines, nous avons vu du paysage et sommes tombés sous le charme de la Corse. En 2016, le festival prend donc ses quartiers au Club Med de Cargèse. Le lieu présente de nombreux avantages, notamment un amphithéâtre qui fera office de scène principale. On prévoit aussi d'en installer une sur la plage et d'organiser des concerts au bord de la piscine. Ici, il est important de souligner qu'on investit le Club Med de Cargèse mais qu’il ne s'agit en aucun cas d'une organisation labellisée Club Med. Le site est privatisé pendant l’événement. On bénéficie de l’infrastructure et de tous les services traditionnellement offerts par cet établissement. Le cadre général et la restauration sont donc à la hauteur de la réputation de l'institution. Pour cette première édition, on voulait proposer au public un service de haute qualité. Un truc irréprochable. Où le Fly Away voyagera-t-il l'année prochaine ? Ça, l'édition suivante nous le dira. Notre festival se veut itinérant. On entend se délocaliser sur la carte du monde. L'idée n'est pas de développer une manifestation associée à un lieu. La Corse, c'est juste un point de départ.

Pourquoi une affiche belgo-belge ?
À partir du moment où on lance une initiative belge à l’étranger, on essaie de développer une image de marque, un identifiant culturel. On a donc planché sur la possibilité d'emmener public et artistes belges dans le même avion. On affrète trois avions pour l'événement : un au départ de Liège, un décolle de Charleroi et le dernier de Bruxelles. Le public va donc voyager avec les artistes et l'équipe technique du festival. On voulait sceller une union belgo-belge en terre inconnue. Ça va être une expérience. On a essayé d'élaborer une affiche éclectique, de qualité. La programmation tourne essentiellement autour d’artistes qui comptent dans le paysage médiatique francophone : Noa Moon, Balthazar, Nicola Testa, Compuphonic, Ulysse, Hollywood Pornstars… On ne voulait pas s'enfermer dans un créneau pop-rock. À l'avenir, on est tout à fait disposé à ouvrir la programmation à des projets internationaux.

Pourquoi un festival fin septembre ?
À l’origine, pour une raison pratique : on investit le Club Med de Cargèse au moment où il ferme traditionnellement ses portes au public. En réalité, on rallonge la saison de cet établissement d'une semaine. Pour nous, c’était aussi un bon moyen d'échapper au peloton festivalier qui traverse la Belgique en été. En juillet et en août, les artistes sont en tournée aux quatre coins de l'Europe et, potentiellement, une partie de notre public est en vacances avec les enfants. Du coup, on peut voir le Fly Away comme la cerise sur le gâteau : le dernier festival de la saison.

 Pourquoi 500 personnes?
On mise sur une proximité rare. On propose à un public privilégié de vivre une expérience pas comme les autres. Après cinq jours de festivals, on veut croire que tout le monde va se connaître. Que des liens d'amitiés se seront tissés entre les gens. Limiter le nombre de places disponibles, ça fait partie intégrante du projet. Le Fly Away aurait perdu de son âme dès le départ en augmentant la capacité du site. On voit ce festival comme un projet à visage humain, un rendez-vous proche des gens et de leurs passions musicales. Ici, on n'est absolument pas dans une logique entrepreneuriale, impersonnelle et désincarnée. On a cherché à créer une bulle, intime et authentique, dans laquelle le public peut côtoyer ses artistes préférés. On mise beaucoup sur la magie du moment. Des rencontres vont naître en Corse. Elles vont sans doute ouvrir la voie à des instants inoubliables.

Pourquoi 950 euros ?
On a longuement discuté du prix du festival entre nous. Par rapport à ce qu'on propose, ce n'est pas exorbitant. C’est même relativement bas. Cet événement se situe à la croisée des chemins : quelque part entre le festival et les vacances. Le prix du Fly Away comprend les vols aller-retour, les transports sur place, le logement, les boissons et la nourriture. Une fois dans l’avion, les festivaliers peuvent ranger leur portefeuille. Tout est compris dans le prix du ticket. C'est vraiment un festival all-inclusive.


www.weflyaway.be