À l’heure où le métier d'artiste connaît des heures sombres et où le disque ne fait plus recette, comment font nos artistes pour se préparer à fouler les scènes de notre communauté ? Il est vrai que les subsides et les bourses se font rares. Mais des dispositifs subsistent pour accompagner les talents ou leur permettre de répéter dans des conditions « live ». Petit parcours fléché, en Fédération Wallonie-Bruxelles et même à l'étranger.

En frappant à la bonne porte de la Fédération Wallonie-Bruxelles, musiciens de jazz, groupes de rock ou d'autres courants trouveront une panoplie de soutiens à la création de spectacles, d'aide à la production de CD et de vidéoclips, des bourses à la composition, etc. Mais qu’en est-il exactement quand on parle de possibilité de résidence ? Vers qui se tourner ?  

Le Service des Musiques non classiques

Côté financier, les possibilités sont rares. L’heure est principalement à la débrouille et à l’autofinancement. Le Service des Musiques non classiques, qui relève du Service général des Arts de la Scène de la Direction générale de la Culture, a toutefois dans ses missions l’obligation d’apporter aux artistes, des aides à la résidence. Ces aides, uniquement financières, sont octroyées sous avis consultatif du conseil des musiques non classiques, à qui est venu déposer son dossier rempli en bonne et due forme, remis au moment opportun et rentrant dans les conditions.

Un décret prévoit que toute personne, morale ou physique, ait obtenu une reconnaissance de la Fédération avant de pouvoir bénéficier d’une aide ou d’une subvention. Cette reconnaissance ne constitue nullement une sorte de "carte professionnelle" ; elle est une étape obligatoire préalable à toute demande d´aide financière, renseigne donc encore le site.

L’obtention de l’aide est également suspendue à la condition que l’artiste prenne contact avec une salle de spectacle qui sera partenaire de la résidence et l’accueillera pendant un minimum de 2 jours. Pour prétendre à une aide auprès du Service des musiques non classiques, la résidence ne peut pas se limiter à de simples répétitions ou à la seule mise en place d’un nouveau répertoire. Afin d’apporter une plus-value au concert, elle doit inclure un travail sur un dispositif scénique particulier (scénographie, costumes, décor, mise en scène, son, lumière) et/ou la présence d’un professionnel extérieur au groupe (regard extérieur, coach justifiant d’une expérience et d’un professionnalisme).

Il convient donc d’être attentif et de se renseigner : www.artscene.cfwb.be.

Les centres culturels et le Club PlaSMa

Hors cette piste de financement éventuelle, l’artiste en quête d’un espace pouvant accueillir ses débordements scéniques voit plusieurs options s’ouvrir à lui… s’il n’a pas peur d’empoigner son téléphone ou de faire chauffer son clavier.

Le dispositif des résidences est reconnu désormais comme un outil de développement culturel et de création artistique régional, national et européen, explique Françoise Gallez, attachée au service musique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Traditionnellement, des aides sont toujours allouées à l'enregistrement et à la promotion. Mais l'avantage des résidences, c'est qu'elles permettent de répéter dans des conditions live, avec des musiciens additionnels. Et de développer les aspects scéniques, liés à la lumière, à la régie son, auxquels ne sont pas toujours formés les artistes musicaux, souligne-t-elle encore.

La première option, la plus simple et la plus courante, c’est de contacter les structures susceptibles d’accueillir les artistes. Car les résidences font partie des missions de nombre de lieux, salles et institutions subventionnées par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Du Centre Culturel René Magritte à Lessines au Centre culturel de Chênée en passant le Botanique à Bruxelles, les pistes sont nombreuses et variées et les artistes devraient pouvoir trouver écrin à leur musique dans un lieu plus ou moins proche de chez eux. Attention, par lieu de résidence, entendons-nous bien ! Il ne s’agit pas d’un simple lieu de répétition mais bien d’une structure capable d’accueillir groupe rock ou formation classique, en lui offrant les conditions scéniques et techniques susceptibles d’aguerrir à la pratique live et en public de leur art. Certains lieux acceptent également de recevoir des artistes en résidence en vue de l’enregistrement d’un album : préparation de maquette, session de composition en groupe et d’arrangements.

Les salles « rock » du réseau Club PlaSMa ont également dans leurs prérogatives d’accueillir les artistes issus du milieu non classiques (musiques actuelles). Relativement bien équipés, ces lieux sont une bonne alternative aux centres culturels et seront donc plus enclins à accueillir des projets pop-rock- musiques urbaines dont ils connaîtront bien  les attentes. Les membres de ce réseau sont : les Ardentes Club à Liège l’Atelier Rock à Huy, l’Entrepôt à Arlon, le Belvédère à Namur, le Magasin 4 à Bruxelles, le Recyclart à Bruxelles toujours, la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve, l’Atelier 210 à Bruxelles encore, le Rockerill à Marchienne et le Salon à Silly. Plus d’infos à dénicher  sur www.clubplasma.be.

De plus petits lieux encore ont à cœur de soutenir les artistes et leur proposent également de venir travailler en leurs murs. Citons la Maison des Musiques à Bruxelles qui met à disposition une petite salle équipée et un technicien ou encore La Marlagne, ce centre du namurois appartenant à la Fédération Wallonie-Bruxelles où les artistes pourront travailler et être même hébergés à un prix démocratique.

Des résidences accompagnées

Certaines associations proposent quant à elles des résidences accompagnées, sous forme de coaching et autres accompagnements spécialisés. Dans cette configuration, les espaces ne se contentent pas de fournir un lieu équipé mais également des professionnels qui encadreront la résidence et conseilleront les musiciens. C’est le cas pour les musiques classique et contemporaine avec l’asbl Chamber Music for Europe, qui peut accueillir des musiciens et des petites formations (trio, quatuor) au sein de la Maison des Cultures et de la cohésion sociale de Molenbeek et de la Maison des Musiques à Bruxelles. La structure Ars Musica, qui développe le festival du même nom, propose elle aussi un programme centré sur la composition et la création, mettant en contact des compositeurs et des ensembles en vue de jouer de nouvelles œuvres en musique contemporaine.

Le Studio des Variétés est une émanation directe du Studio des Variétés de Paris créé en 1984. Il s’adresse aux artistes des musiques actuelles (en développement ou confirmés) bénéficiant ou non d’un encadrement professionnel (label, majors, éditeurs, agents, managers,…). Il dispense trois types de formations : une version longue (35 à 40h d’accompagnement axées principalement sur la scène, le chant et l’accompagnement musical), des formations courtes (3 à 4 jours de coaching scénique en vue de préparer tournées, showcases, …) et des formations « à la carte » (technique du spectacle - son&lumières, …).

Citons encore l’initiative de Ça Balance, un programme d’accompagnement musical initié par la députation provinciale en charge de la Culture à Liège. Cette structure vise à soutenir les jeunes groupes de musiques actuelles en leur proposant des outils de développement : enregistrement en studio, encadrement par un musicien conseil, séances de coaching, ateliers, master classes, aide à la promotion, aide à la programmation, … L’aide s’adresse aux jeunes groupes belges (jazz, world, rock, pop, hip hop, chanson française…) et aux artistes solistes travaillant sur du matériel original uniquement.

Les Lézarts Urbains, actifs dans le domaine des musiques urbaines, proposent également épisodiquement des résidences accompagnées par des artistes issus du milieu.

Et à l’étranger ?

Les « résidences » s'offrent aussi à l'international. Ici, c'est à Wallonie-Bruxelles Musiques, la structure qui fait la promotion des artistes à l'international, qu'il convient de s'adresser. WBM propose notamment une semaine d'accompagnement aux Rencontres d'Astaffort, créées il y a vingt ans par Francis Cabrel. Neuf jours durant lesquels quatorze artistes (A)stagiaires, comme on les surnomme, font chaque année trembler les briques du petit village du Lot-et-Garonne. Les six premiers jours sont dédiés à la création, les trois autres aux intervenants et aux répétitions pour un concert live, expose Patrick Printz, directeur de WBM. Ils y sont non seulement coachés par des artistes célèbres, mais ils doivent également apprendre à travailler collectivement. Ce travail de recherche est ensuite ponctué par un concert local où leurs chansons sont présentées, avec des parrains invités (Cali, Alain Souchon, Renan Luce, ...).

D’autres pistes pour trouver des aides & résidences en Fédération Wallonie-Bruxelles sont à glaner sur www.aidesauxartistes.be